La quête de nouvelles saveurs et l'envie de les faire connaître

Une maison bientôt centenaire…

L’histoire commence en 1921 dans la petite ville-port de Landerneau, après la Première Guerre Mondiale, alors que la France entre dans les années folles. Albert Ménès y vend des cordages et du chanvre aux armateurs. Un jour, lui vient l’idée « d’exporter » des produits d’un autre genre vers la capitale : des boîtes de « Filets bleus », de petites galettes bretonnes pur beurre. Son objectif ? Faire découvrir aux Parisiens les saveurs de la province.

Timbre biscuits de Bretagne
Sardines du petit mousse

Un épicier des temps modernes

Sablés, galettes et bientôt crabes et sardines à l’huile… Albert Ménès revend des denrées exotiques appréciées des grainetiers : figues de Turquie, bananes séchées d’Equateur. Epicier pour Edouard Leclerc qui lui ouvre ses mètres linéaires dans sa première grande surface bretonne, Albert Ménès accède rapidement au rang de grossiste. Curieux de tout, sensible à la qualité de chaque produit, il démocratise le Ketchup Heinz, les céréales Kelloggs’ ou encore la marmelade britannique, jusqu’alors jalousement gardée par la perfide Albion.

1968, l’année de tous les tournants

Prospère et concurrent direct de Hédiard et Fauchon, Albert Ménès se décide à céder son fonds de commerce. Son homme-lige : Thierry Hervey, spécialiste du commerce international. Il donnera à l’enseigne l’envergure qu’on lui connaît aujourd’hui. En ligne de mire, la qualité des produits, encore et toujours. La marque Albert Ménès rapporte le maïs en grains des Etats-Unis, que la chaîne de magasins Casino commercialise pour agrémenter les salades composées, alors que les Américains le dégustaient chaud. Les biscuits suisses Wernli, Arni et Oleway régalent les gourmands ; Alpen et Weetabix répondent également à l’appel.

paysage suisse

la quête de l'authentique

Après le choix, le temps de la sélection

La France entre bientôt dans une période économique moins faste. De nombreux petits producteurs n’ont plus les moyens de partir à l’assaut du marché. Les épiceries de centre-ville cèdent leurs emplacements de choix à des banques ; le commerce de détail disparaît au profit des grandes surfaces. Thierry Hervey lance un concept d’un nouveau genre : des mètres linéaires d’épicerie fine, labellisés Albert Ménès, regroupant sous sa marque à la corne d’abondance, exigeante et gourmande, plus de 400 références triées sur le volet. Un moyen marketing et commercial de sauver de l’oubli et de la faillite de petits artisans de grand talent.

Abondance de qualité ne nuit pas

Fini le temps de l’importation hétéroclite. Albert Ménès devient l’enseigne du goût, pointilleuse et sourcilleuse quant à la saisonnalité de la cueillette, l’origine des produits et leur transformation, à la main le plus souvent. « Albert Ménès ne nourrit pas les gens, il leur fait plaisir ». Une devise reprise aujourd’hui à son compte par la fille de Thierry Hervey, Pauline.

Phare des Poulains